Thérapie EMDR

femme-emdr

La thérapie EMDR prend sa source à la fin du 20è siècle (1987). C’est en se promenant dans un parc que Francine Shapiro remarque par hasard que des pensées perturbantes ou angoissantes perdent de leur intensité lorsqu’elle les associe à des mouvements oculaires.

Francine Shapiro développera sa théorie et construira un protocole qui sera publié en 1995 sous le nom de thérapie EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessig ou Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires en français). Psychologue de formation, elle migrera de l’état de New-York vers la Californie à l’université de Palo-Alto où elle obtiendra un doctorat et de nombreuses récompenses pour sa thèse sur le traitement du stress post-traumatique.

Aujourd’hui, la thérapie EMDR est une TCC (Thérapie cognitivo-comportementale) qui a fait ses preuves et qui est considérée comme thérapie de première intention dans les troubles de stress post traumatique.

La méthode consiste à Désensibiliser puis Reprogrammer les souvenirs traumatiques par le biais de Stimulation Bilatérales Alternées (généralement le mouvement des yeux).

Comment cela fonctionne-t-il?

Lors d’un évènement traumatique, une grande quantité d’hormones « de survie » et l’activation du système sympathique permettent de « tenir le coup » face à l’adversité. Ce cocktail d’émotions ressenties est alors enregistré dans la mémoire comme tout évènement de la vie. Quand tout fonctionne de manière usuelle, cet évènement se lie à son vécu, établit des relations avec d’autres situations, digère les émotions et au bout d’un moment, le souvenir du trauma devient supportable. Il y a eu un Traitement Adaptatif de l’Information (TAI), c’est aussi ce que l’on appelle la résilience.

Parfois, le TAI n’arrive pas à se faire. L’évènement traumatique est toujours aussi présent dans son esprit et le simple fait de se le remémorer génère différents troubles. On parle alors de Syndrome de Stress Post Traumatique (SSPT ou PTSD en anglais).

Le fait de stimuler les deux parties du cerveau en alternance pendant que le souvenir traumatique est remémoré permet à ce dernier de créer des associations avec d’autres informations et donc de démarrer le TAI. C’est la partie désensibilisation de la thérapie. Une cognition limitante a empêché jusqu’à présent le TAI de fonctionner et elle sera remplacée par une cognition aidante lors de la partie de retraitement (ou reprogrammation) du protocole.

Dans le protocole EMDR, on cherche donc à comprendre l’impact du trauma sur le présent, on désensibilise le passé puis on reprogramme le futur. Construit autour de 8 points bien délimités, le protocole donne d’excellents résultats si il est correctement suivi. On ne peut pas désensibiliser le passé si l’on a pas bien compris son impact sur le présent et si la cognition limitante n’a pas été exprimée, tout comme on ne peut pas reprogrammer le futur si la désensibilisation n’a pas été effectuée jusqu’au bout.

Dans les cas « simples » (traumas type 1 comme un accident, la présence lors d’une fusillade, …), il faudra un minimum de trois séances pour obtenir de bons résultats. Dans les cas plus « complexes » (traumas type 2-3 comme les répétitifs, liés à l’enfance, abus, viols, …), il sera nécessaire de déterminer une stratégie de prise en charge et travailler sur différents aspects ou sous ensembles de traumas. La durée dépendra alors de l’ampleur de la tâche.

A noter que l’EMDR peut aussi aider à renforcer ses propres ressources, à trouver la force que l’on a en nous mais à laquelle on ne fait pas appel pour différentes raisons. Comme pour les traumas, nous véhiculons des cognitions limitantes qui ne sont pas rationnelles et qu’il est possible de remplacer par des cognitions aidantes.

Une TCC réservée aux psys?

Comme Francine Shapiro était une psychologue, c’est tout naturellement que la profession s’est appropriée cette Thérapie Cognitivo-Comportementale. Cependant, lors de l’application du protocole, aucune analyse des associations ne doit être faite. Il n’est pas question d’avoir un rapport psychologique/psychiatrique lors d’une thérapie EMDR. Avant ou après, oui, mais pas pendant.

L’école de Palo-Alto où le protocole a été finalisé était aussi le berceau de l’hypnothérapie (Milton Erickson). C’est donc tout naturellement que les maîtres praticiens en hypnothérapie sont sensibilisés à l’EMDR. En effet, l’utilisation de différentes techniques comme la régression en âge permettent, par exemple, de mieux cerner les origines des traumas.

L’application du protocole EMDR par des psychologues/psychiatres ou des maîtres praticiens en hypnothérapie donnent les mêmes résultats. Cependant, les maîtres praticiens en hypnothérapie ne sont pas habilités à poser le moindre diagnostic psy, et doivent refuser certains profils si ils jugent qu’ils sont du ressort des spécialistes de la santé mentale.

C’est en tout cas comme cela que j’ai été formé et que je respecterai mes clients. J’ai eu la chance de pouvoir suivre la formation avancée en EMDR avec des psys et des maîtres praticiens, les seuls habilités à la suivre, le tout dans l’échange et le respect.